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| © DEMOULIN |
Campagne nationale pour la sécurité des motos
BRUXELLES En à peine 10 ans, le nombre de motos en circulation en Belgique a doublé. Aujourd'hui, 332.695 motos sont immatriculées chez nous! La masse d'accidents de motos n'a heureusement pas suivi dans les mêmes proportions, mais le nombre de motards tués chaque année (150 à 160) reste trop élevé. Le gouvernement fédéral, les trois Régions, l'Institut belge pour la sécurité routière (IBSR) et le syndicat des motards MotorCycle Council (MCC) se sont associés mardi pour lancer une première grande campagne nationale pour la sécurité des motos. Toute la nouvelle campagne de l'IBSR est axée sur une demande aux automobilistes: faites plus attention aux motos. Message: Ne perdez pas les motards de vue.
Dans le grand public, l'image des motards est ternie par quelques têtes brûlées qui poussent leurs bruyantes machines à fond sur des routes de campagne (lire en page 3 de la DH en PDF la traque organisée par la police dans la région dinantaise). Chiffres à l'appui, pourtant, contrairement aux idées reçues, les motards ne sont pas plus dangereux que les autres usagers de la route. Ils sont par contre parmi les plus vulnérables. A l'initiative du MotorCycle Council, un nouveau slogan va d'ailleurs fleurir sur des tee-shirts ou des gilets fluo et résume la situation: Your car is heavy metal. I'm not. On pourrait traduire par: Votre voiture est en métal, pas moi. C'est simple, tellement évident, mais beaucoup d'automobilistes l'oublient au moment de changer de file sans regarder, par exemple.
Embouteillages, prix des carburants ou manque de parking en ville obligent, un grand nombre de Belges sont passés à la moto pour se déplacer quotidiennement, pour aller travailler, par exemple, et plus seulement pour partir en balade les week-ends ensoleillés. En 10 ans toujours, le nombre moyen de kilomètres parcourus par les motos a quasiment triplé.
La sécurité globale des motards s'est améliorée depuis 1990. Le nombre de tués et de blessés graves par 1.000 motos a même baissé de 54,2% entre 1990 et 2001. Mais le nombre de motards morts sur nos routes est, lui, en hausse: + 38,7% sur la même période.
En résumé, on pourrait dire que, pour un motard, un accident, c'est toujours grave ou presque. En moyenne, sur 1.000 automobilistes accidentés, 21 perdent la vie. C'est 20 pour les cyclistes. Mais 40 pour les motards. Seuls les piétons ont un risque supérieur de décès: 43 sur 1.000 accidentés.
Une autre donnée bat en brèche l'idée des motards qui vont se tuer à 200 km/h contre un arbre. «Selon les études, lors des accidents mortels, le motard roulait en moyenne à 43 km/h au moment de l'impact. Cela suffit à tuer», explique Roger Renoy, président du MCC.
| En tort dans 37% des accidents NIVELLES Au centre de maîtrise automobile Peugeot à Nivelles, le ministre fédéral de la Mobilité Renaat Landuyt a enfilé la veste fluo et le casque avant d'enfourcher une grosse Yamaha. Sa collègue flamande Kathleen Van Brempt est montée à l'arrière. Mais c'était juste pour la photo. Seule la ministre Van Brempt a participé aux exercices d'évitement d'obstacles, bien accrochée au moniteur qui pilotait la machine. Dangereuses, les motos? Une bonne connaissance pratique et de l'expérience sont nécessaires, rappellent tous les intervenants, qui répètent qu'un accident sans carrosserie protectrice est toujours risqué. Dangereux, les motards? Pour l'ensemble des accidents dans lesquels ils sont impliqués, ils ne sont en tort que dans 37% des cas (chiffres IBSR de 1997 à 2001). Dans une majorité de situations, c'est l'automobiliste qui effectue la manoeuvre fatale, alors qu'il n'a pas vu, ou vu trop tard, la moto. La plupart des collisions entre motocyclistes et autres usagers sont des collisions latérales, analyse l'IBSR. Dans de nombreux cas, le motocycliste roule droit devant lui alors que l'autre conducteur tourne à gauche. Bien souvent, la priorité n'est pas cédée au motard, provoquant une collision ou une manoeuvre d'évitement in extremis, ajoute l'IBSR. Les collisions avec des voitures constituent plus de 6 accidents sur 10 impliquant des motards. Les sorties de route avec choc contre un obstacle hors de la chaussée représentent seulement 1 accident sur 10 environ. Le reste des accidents impliquent d'autres usagers ou des chutes sans tiers. La majeure partie des motards victimes d'accidents graves ont entre 18 et 39 ans. Globalement, même si le nombre d'accidents a diminué proportionnellement au nombre phénoménal de motos aujourd'hui en circulation, la Belgique enregistre chaque année quelque 3.500 motocyclistes victimes, blessés, légèrement ou non, ou tués. «La moto reste l'un des modes de transport les plus dangereux», estime l'IBSR. Bon à garder en tête au moment de rouler. |